"J'irais bien faire un petit tour du côté de chez moi"
Le chômage n'en finit plus de baisser depuis l'arrivée de Villepin à Matignon, apprend-on dans une large majorité de média (même Libé). Cela veut-il pour autant dire que tous les chômeurs qui disparaissent des statistiques trouvent un boulot ? Quand les média crient d'une même voix avec le pouvoir, ça sent forcément l'arnaque.
[...] si pour octobre on comptait 21 700 chômeurs de moins qu’en septembre, on dénombrait aussi 188 709 radiations pour le même mois (151 537 pour absence au contrôle, 37 552 pour fin de droits) [source : Ministère de l'emploi]. Autrement dit : non seulement le chômage ne baisse pas, mais il augmente largement. Pour faire croire l’inverse, il suffit de réduire à néant les dizaines de milliers de chômeurs soudain privés d’allocs ou radiés pour indiscipline. C’est gros, mais ça passe. -- Mathieu Bouchard, CQFD n°29.
Dans le numéro 30 (janvier) de CQFD on apprend donc que la répression est de mise pour aboutir à un maximum de radiation. La direction met la pression sur ses employés pour qu'eux-mêmes la fasse subir aux allocataires (lire aussi Anthologie du flicage des chômeurs). Un agent ANPE témoigne, sous couvert d'anonymat, de cette situation.
Voir le billet complet ici.On a donc mis en place un système dit de diagnostic partagé, qui consiste à dire au chômeur qu’on va se mettre d’accord avec lui sur telle ou telle démarche qu’il aura à faire. En réalité, il n’a pas vraiment le choix. Mais dans nos conclusions d’entretien, on va mettre qu’il partage la décision, avec des formules du genre : « Vous vous engagez à... Nous tombons d’accord que... » Des consignes très précises nous ont été données à ce sujet. Tout doit être saisi en informatique. Le but étant de mouiller les gens pour qu’ils ne puissent pas contester les décisions. C’est une mécanique bien pesée. -- Olivier Cyran, Le contrôleur controlé, CQFD n°30.
Les agents ANPE sont-ils incités à faire de l’abattage ? Ont-ils des objectifs chiffrés ?
Il y a effectivement des objectifs, non pas de radiations, mais de baisse du taux de chômage, même si dans les faits l’un participe à l’autre. Ces objectifs sont assignés agence par agence. On nous dit par exemple : les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus de deux ans doivent baisser de 11 %. Ou le taux de chômage des femmes doit diminuer de tant... Parallèlement il y a aussi des objectifs de collecte d’offres d’emploi, de mises en relation avec les employeurs, etc.
Et si l’agence n’atteint pas ces objectifs, on radie aussi le directeur ?
Au pire, seulement dans son porte-monnaie... Depuis deux ans, les membres de la hiérarchie - animateurs d’équipe, directeurs d’agence, directeurs départemental, régional, national - reçoivent une prime annuelle variable dite de responsabilisation lorsque les divers objectifs sont atteints. Pour un directeur d’agence, cette prime peut représenter entre un et deux mois de salaire. Les agents, eux, ont droit à une petite prime dite d’intéressement régional, liée elle aussi aux objectifs.
Il y a donc un intérêt financier à tailler dans les listes ?
Oui, mais il ne s’agit pas d’une incitation personnalisée. Pas encore. Pour le moment, la prime dépend des résultats de l’agence. À la limite, si un agent est trop sympa avec les chômeurs, ses collègues peuvent lui reprocher de faire baisser la moyenne. Après, il y a d’autres formes de pression. Le directeur peut mettre plus ou moins le paquet sur le personnel. Ça dépend de sa conformité au discours ambiant, qui dit que l’allocataire est un profiteur et que la société doit lui botter les fesses. Tout est fait pour que le personnel ANPE suive cette pente-là et ne s’encombre pas de scrupules. La division des tâches, par exemple. Avant, l’agent qui convoquait le chômeur était le même que celui qui le recevait. Plus maintenant. Il y a un agent qui convoque, un autre qui reçoit, un autre encore qui distribue les avertissements, etc. En dispersant les rôles, on déresponsabilise chaque rouage.
Comment les agents qui contrôlent sont-ils contrôlés à leur tour ?
C’est selon les directeurs, là aussi. Certains ne contrôlent rien, mais d’autres, de plus en plus nombreux, exercent un rôle hiérarchique fort. Par exemple, lors de nos réunions hebdomadaires, certains examinent tes relevés d’entretiens et vont te dire devant tout le monde : « Et lui, pourquoi il n’est pas en atelier de recherche d’emploi ? » Si tu considères que l’ANPE n’a rien à proposer, on te dira que ce n’est pas normal. Reste qu’un conseiller n’est jamais obligé de faire du zèle. Dans les formulaires de radiation, il y a cette formule : « Je suis contraint de vous radier. » C’est faux. On a parfaitement le choix.
L’ANPE fait de plus en plus appel à des sous-traitants. Ça allège votre travail ?
Non, ça peut au contraire ajouter de la pression. À 95 %, toutes les prestations que l’on propose - évaluation, ateliers, bilans de compétence, etc. - sont sous-traitées à des boîtes. Le truc, c’est que ces prestations ne leur seront payées qu’à partir d’un certain nombre de chômeurs. On ne va pas faire venir un formateur juste pour deux personnes. Alors on nous met la pression pour qu’à tout prix il y ait du monde dans ces groupes.
Le conseiller m'avait dit que, tout de même, j'étais un peu de mauvaise foi, il avait fait la recherche pour me montrer que j'avais tort.
Total, 5 offres, dont 2 à Paris - alors que je recherchais en Alsace- et qui exigeaient 2 ans d'expérience; et 2 auquelles j'avais déjà postulé.
Du coup, dépité, il m'avait proposé un espèce d'atelier de recherche à plusieurs, qui ressemblait plus ou moins à une sorte de thérapie de groupe pour chômeurs.
J'ai refusé en bloc et je n'y suis plus jamais allé... L'ANPE m'a fait perdre plus de temps qu'autre chose.
Mais arrivé là bas j'ai senti que je n'avais rien à y faire. Du coup je suis reparti.
J'ai téléphoné de suite à ma conseillère ANPE. Mais comme elle était en réunion, je suis en train d'attendre son coup de fil...
En effet, dans beaucoup de domaines, les boites préfèrent rechercher elles même, par exemple, un domaine au pif : l'informatique.
J'ai galéré plusieurs mois a suivre ce que me disait l'anpe, a faire des entretiens hyper loin qui ne menaient à rien.
Et j'ai trouvé mon job en voyant une annonce sur un forum d'utilisateurs mac, linké par quelqu'un sur un salon irc pour une autre raison.
Comme quoi ...
L'important avec les conseillers anpe est de leur montrer que tu as un plan et que tu sais où tu vas.
a
Je me souviens d'avoir demandé des renseignement pour le financement de formation. Je pensais plus à quelque chose qui m'aiderait dans ma démarche commerciale (je suis freelance).
Ma conseillère (j'aurais envie décrire contrôleuse) m'a coupé la parole en me disant "non, on ne finance plus les formations en informatique car il n'y a pas de débouchés dedans en ce moment".
Dire que j'avais fait 3/4 d'heure de transport pour aller à l'ANPE spécialisée en informatique, alors qu'il y en a une à 10 minutes à pied de chez moi.
Quand j'ai terminé ma formation, un recruteur qui nous tenait lieu de maître de conf, nous a fait comprendre que les annonces circulent d'abord dans "les réseaux d'influence", puis si non pourvues, sont diffusées au cabinets de recrutement, puis APEC et en dernier point de chute: l'ANPE.
C'est dire la fraicheur des annonces... d'autant qu'une étude de l'année dernière menée par Courrier Cadres montrait que 70% des embauchés avaient trouvé via "le réseau" ou quand l'ANPE ne sert à rien.
à bon entendeur.
J'ai simplement refusé l'Objectif Emploi car ayant déjà un CDI temps partiel, je n'aurais pas eu le temps de suivre ce programme. Du coup j'ai appelé ma conseillère, qui étant absente, devait me rappeler. Depuis 5 jours je n'ai pas eu de nouvelles. Et voilà que pas plus tard qu'hier, je reçois un avertissement de radiation de 15 jours.
J'ai toujours expliqué avec politesse ma situation. Mais là c'est le genre d'évènement qui peut quand même agacer ...
Enfin, on va régler ça de manière diplomatique.
Après je suppose que c'est comme partout, des conseillés ANPE certains doivent être "cons" mais la majorité fait au mieux du possible dans les conditions actuelles.
Et je ne pense pas qu'ils soient téléguidés par les politiques (ma belle soeur vote d'ailleur à gauche et n'aime pas du tout la politique actuelle)...
Je suis très très déçu et énervé de ce genre de pratique qui n'aide en aucun cas un chercheur d'emploi
Je suis partie en formation, mais qu'elle galere avec leur formalitees, impossible de me trouver le bon formulaire, je ne rentrais pas dans les bons creneaux.
Je viens de terminer ma formation, je demande si je peux postuler a tel ou tel contrat, on ne sait me repondre, on dit qu'on voit au cas par cas (4 personnes se sont penchees sur mon dossier, pour cette reponse. Duree 1 h 30).
Quand je postule a des offres, l'anpe me fait barrage en disant que mes diplomes ne correspondent pas (c'est sur j'attends les resultats), et ne propose meme pas ma candidature.
Chaque visite est une grosse, grosse perte de temps, pour rien. Ce n'est pas rendre service au personnes, c'est plutot former des gens en attente, qui sont plus que suivi assiste, diriger dans le creneau qu'ILS decident. Lamentable